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Migraine : le bénéfice prophylactique de l'érénumab confirmé en vie réelle

Rédigé le Vendredi 8 Décembre 2023 à 15:04 |



Une étude  a évalué l’intérêt à 1 an d’un traitement par érénumab chez des patients adultes souffrant de migraine chronique non soulagées par onze alternatives prophylactiques. Elle confirme la réduction du nombre mensuel de jours de migraine, de jours de céphalées, de l’abus médicamenteux et de l’impact de la maladie sur le fonctionnement des patients.

  • L'incidence des événements indésirables et le taux d'arrêt (faible) du traitement pour événements indésirables étaient similaires aux résultats des études pivots. Reste que la nature monocentrique de cette étude peut limiter la transposition de ces conclusions à l'échelle nationale.

Accès compassionnel, à défaut de remboursement

En France, le Service médical rendu des anticorps monoclonaux (Ac) anti-CGRP (calcitonin gene-related peptide), établi par la commission de transparence de la Haute Autorité de Santé pour les patients souffrant de migraines fréquentes, est compatible avec un remboursement. En pratique, l’Amélioration du service médical rendu (ASMR) en l'absence de comparaison directe avec un traitement existant, est faible et n’a pas permis de trouver un accord concernant la négociation sur les prix, conduisant à ce que ces Ac ne soient pas remboursés. Novartis a initié un programme compassionnel offrant l'érénumab aux patients migraineux sans alternative prophylactique (onabotulinumtoxin A non disponible alors). L’analyse des données de cette étude française permet d’évaluer le bénéfice clinique de l'érénumab en conditions d’utilisation réelle.

Une migraine chronique très réfractaire

Ce travail, mené dans le cadre de la FHU (Fédération hospitalo-Universitaire) InovPain, repose sur le suivi à 1 an d’un registre de patients recrutés en clinique par le service Douleur du CHU de Nice. Il a inclus des patients adultes souffrant de migraines fréquentes avec ou sans aura au moins 8 jours par mois et ne disposant pas d'alternative thérapeutique prophylactique. Ils ont reçu l'érénumab toutes les 4 semaines (70 ou 140 mg SC selon la réponse et la tolérance) : à 3 mois, le traitement était maintenu si une réduction d'au moins 30% du nombre de jours avec migraine était observée. Le critère principal était la proportion de patients atteignant une réduction d'au moins 50% des jours de migraine à 3, 6, 9 et 12 mois. Plusieurs critères secondaires ont été établis autour de l'efficacité et de l’évaluation faite par le patient.

Près de 3 patients sur 5 basculent vers la migraine épisodique

Au total, 144 patients ont été inclus dans l'étude. Parmi eux, 140 ont reçu au moins une dose d’érénumab et 102 ont terminé l’étude (82,1% de femmes, âge moyen 50,9 ans). La plupart des arrêts de traitement (n=31) étant survenus pour inefficacité. Parmi eux, 88,6% souffraient de migraines chroniques et tous avaient échoué à 11 traitements préventifs oraux préalables. Neuf d’entre eux sur 10 avaient un abus médicamenteux.

Le pourcentage de patients ayant une réduction d’au moins 50% de jours migraineux était d'environ 52,9% à 3 mois, 58,5% à 6 mois et 58,8% à 12 mois. L’analyse multivariée a montré qu’un faible nombre mensuel de jours de maux de tête, un plus jeune âge ou l'absence de comorbidités psychiatriques étaient associés à une meilleure probabilité de réponse thérapeutique à 6 mois.

Le pourcentage de patients ayant une réponse de 75% ou plus (critère secondaire) était de 15,7% à 3 mois et 23,5 % à 12 mois. Le nombre moyen mensuel de jours de céphalées et de jours de migraine a diminué au fil du temps, passant de 23 à 9 jours et de 18 à 8 respectivement. La fréquence de l’abus médicamenteux a diminué pour ne concerner que 38,2% de la cohorte à 12 mois. Enfin, le score HIT-6 (outil d'évaluation de l'impact de la migraine) a également montré une diminution du fardeau avec le temps. Le taux de réversion de migraine chronique à migraine épisodique a été supérieur à la moitié (57,3% à 3 mois).

Sur le plan de la tolérance et de la sécurité, 37,9% des patients ont signalé au moins un événement indésirable. Le plus fréquent étant l'érythème cutané et/ou la douleur au site d'injection, puis la constipation (respectivement pour 30% et 15,7% des patients).



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