Ce baromètre avait quatre grands objectifs, a expliqué le chercheur Arnaud Bubeck, responsable du Diabète LAB à la Fédération Française des Diabétiques : évaluer l’état de la santé mentale des personnes vivant avec un diabète en France ; identifier les facteurs de stress et de détresse liée au diabète les plus marquants ; mesurer l’accès et l’efficacité des dispositifs de soutien psychologique existants et enfin, fournir des recommandations pour améliorer la prise en charge psychologique et l’accompagnement des patients. L’enquête a recueilli 2 600 réponses de patients diabétiques, 43 % atteints de diabète de type 1, et 55 % de diabète de type 2. « Avec 59 % de réponses émanant de femmes et 41 % d’hommes, on voit déjà que les femmes se sentent plus concernées que les hommes par le sujet, c’est qui est déjà un résultat en soi », a commenté Arnaud Bubeck.
Interrogés sur le fait d’avoir déjà été diagnostiqué pour un trouble de la santé mentale, seul un tiers des répondants (32 %) ont répondu par l’affirmative (anxiété, dépression). Parmi eux, 24 % des hommes avaient été diagnostiqués avec un trouble contre 37 % des femmes.
« Soit les femmes sont plus à l’aise pour en parler et sont plus diagnostiquées que les hommes, soit les femmes souffrent davantage de problèmes de santé mentale, soit les deux », selon le chercheur.
De façon intéressante, ce taux de diagnostic s’élevait à 42 % chez les personnes vivant avec moins de 1 400 € par mois contre 21 % chez celles vivant avec plus de 2 900 € par mois. « La situation sociale intervient donc de façon importante dans la santé psychique, du moins dans notre étude, chez des répondants qui étaient en lien avec la FFD. »
Inerrogés sur une potentielle association entre leur trouble de santé mentale et le diabète, 60 % des femmes et 50 % des hommes font un lien, avec une prédominance chez les diabétiques de type 1 (70 %) contre seulement 47 % des diabétiques de type 2 interrogés. Quand on leur demande s’ils ont vécu un événement traumatisant au cours de leur vie – sans lien avec le diabète – 70 % répondent par l’affirmative.
« C’est un chiffre très important qui montre que la santé mentale des diabétiques n’est pas uniquement liée au diabète. C’est une population qui semble fragile quand on sait qu’un événement traumatisant peut déclencher un diabète », a considéré l’orateur. Sachant que là encore, les femmes déclarent plus (76 %) avoir vécu un événement traumatisant que les hommes (61 %).
Testés par deux scores (dépression et anxiété), 16 % des répondants présentaient une symptomatologie certaine de dépression et 20 % une symptomatologie douteuse tandis que 28 % des répondants présentaient une symptomatologie certaine d’anxiété et 29 % une symptomatologie douteuse.
Dans les deux cas, le pourcentage de diabétiques « dépressifs » ou « anxieux » montrait « une corrélation presque parfaite » avec les revenus, « et c’est là un des résultats les plus importants de notre enquête », a considéré Arnaud Bubeck.
À titre d’exemple, 27,4 % des personnes qui gagnent moins de 1 400 € — testées par l’échelle HADS — présentaient une symptomatologie certaine de dépression contre 7 % des personnes gagnant plus de 2 900 € par mois.
La gestion des dispositifs médicaux – pompe à insuline, capteurs de glycémie – représente-t-elle un effort mental au quotidien ? « Presque 50 % des répondants, au global, disent que oui alors même que ces dispositifs devaient à la base soulager la charge mentale des diabétiques, et on voit ici que ce n’est pas toujours le cas. »
Concernant la consultation chez un professionnel de la santé mentale (psychologue, psychothérapeute ou psychiatre) depuis le diagnostic de leur diabète, 33 % des répondants ont dit avoir déjà consulté. Parmi ceux-là, 67 % ont dit avoir trouvé cela utile, sachant que les femmes sont plus nombreuses avoir vu un professionnel de santé que les hommes (40 % versus 23 %).
Les résultats du baromètre DiaMind confirment ce que la Fédération Française des Diabétiques observe depuis des années : « Il ne peut y avoir de bonne prise en charge du diabète sans une attention réelle portée à la santé mentale. » Ils permettent aussi « d’ouvrir la voie à une meilleure intégration de la santé mentale dans le parcours de soins ».
Source: Medscape


