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Lutte contre le VIH : Le Lenacapavir, l’injection semestrielle qui promet 100 % de protection, est lancé en Afrique du Sud

Rédigé le Samedi 13 Juin 2026 à 02:08 |


Le 5 juin, l’Afrique du Sud a lancé dans 360 cliniques publiques le Lenacapavir, première injection préventive semestrielle contre le VIH. Entre promesse historique et pénurie annoncée, ce déploiement testera les limites du système de santé.


Dans le pays qui compte près de 8 millions de personnes vivant avec le VIH, un traitement préventif injectable vient de passer du laboratoire à la réalité. En Afrique du Sud, le 5 juin, une injection anti-VIH à action longue a été proposée pour la première fois dans 360 cliniques publiques. Près de 40 000 doses ont été livrées pour cette phase initiale, nourrissant un immense espoir dans la population la plus touchée au monde.

Ce traitement, le Lenacapavir, est un antirétroviral à action prolongée : une injection tous les six mois suffit pour offrir, selon les essais Purpose 1 et 2 menés en Afrique austro-orientale, une protection préventive proche de 100 %. Le président Cyril Ramaphosa y voit "Un signe d’espoir", cité par RFI, dans un pays où plus d’un habitant sur dix vit avec le virus. Objectif affiché : proposer le Lenacapavir à près d’un million de Sud-Africains d’ici fin 2027.
 

Lenacapavir en Afrique du Sud : une injection préventive qui change la donne

Le lancement national a eu lieu dans une clinique du township d’Embalenhle, près de Secunda. Jein, 21 ans, figure parmi les premières volontaires. "Je suis très agitée, il y a beaucoup de monde !", a confié la jeune femme, citée par RFI Afrique. Le ministre de la Santé Aaron Motsoaledi a salué cette avancée : "C'est un tournant dans la lutte contre le VIH et le sida, cela change la donne. Cette jeune femme vient d’entrer dans l’histoire. Nous en sommes très fiers !", a-t-il déclaré.
Le Lenacapavir, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences, appartient à une nouvelle classe d’antirétroviraux qui ciblent la capside du virus. Concrètement, il s’agit d’une forme de prophylaxie pré-exposition : des personnes séronégatives mais exposées au risque reçoivent une injection sous-cutanée puis reviennent six mois plus tard pour le rappel. Par rapport aux comprimés quotidiens de PrEP, souvent abandonnés en cours de route, ce schéma semestriel répond mieux aux contraintes des adolescentes et jeunes femmes d’Afrique australe.

Afrique du Sud : un espoir immense contre le VIH, mais des doses comptées

Selon ONUSIDA, environ 8 millions de personnes vivent avec le VIH en Afrique du Sud, soit plus d’un habitant sur dix. Dans ce contexte, "Un signe d’espoir", a salué le président Cyril Ramaphosa, cité par RFI. Le gouvernement voit dans le Lenacapavir un levier pour rapprocher le pays de l’objectif 95-95-95 fixé pour 2030.

L’Onusida vise à la fin de la transmission du VIH au niveau mondial en 2030, en atteignant les objectifs appelés "95–95-95 " d’ici 2025, à savoir:
 

  • 95 % des personnes infectées par le VIH diagnostiquées ;
  • 95 % des personnes diagnostiquées sous traitement antirétroviral ;
  • 95 % des personnes traitées avec succès, avec une charge virale durablement indétectable pour ne plus transmettre le VIH.

Pour l’instant, les quantités restent pourtant dérisoires : un peu moins de 40 000 doses ont été réparties dans les 360 cliniques pour démarrer, loin de l’objectif d’un million de bénéficiaires d’ici 2027. "Dans les communautés, nous devons veiller à ne pas susciter un intérêt trop grand" pour ce traitement, car "nous ne disposons que de faibles quantités", regrette Bellinda Thibela, de l’organisation Health Gap. Des discussions sont en cours avec la laboratoire Gilead pour que l'Afrique du Sud obtienne une licence de production.
 

Lenacapavir : un test grandeur nature pour le reste de l’Afrique

L’Organisation mondiale de la santé recommande d’intégrer le Lenacapavir dans les programmes de prévention, et des pays voisins observent ce déploiement sud-africain pour préparer le leur.
 

Sources



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